Claire Kito & Marjorie Micucci Histoires de poèmes et d'encres une exposition




Claire Kito et Marjorie Micucci, Si le corps est une encre du temps (2018).
Polyptyque composé de dix-neuf encres de Claire Kito (17 x 17 cm)
et de neuf poèmes de Marjorie Micucci, extraits de La baleine noire (2017-2018).
Vue de l’exposition Histoires de poèmes et d’encres, musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, mars 2018.


Claire Kito et Marjorie Micucci, Si le corps est une encre du temps (2018).
Polyptyque composé de dix-neuf encres de Claire Kito (17 x 17 cm)
et de neuf poèmes de Marjorie Micucci, extraits de La baleine noire (2017-2018).
Vue de l’exposition Histoires de poèmes et d’encres, musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, mars 2018.
        Claire Kito & Marjorie Micucci, Histoires de poèmes et d’encres, exposition au musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, s’est tenue du 7 au 19 mars 2018, dans le cadre de la 20e édition du Printemps des poètes. Elle fut accompagnée, le jeudi 15 mars, d’une lecture à deux voix des poèmes exposés, en diptyque et polyptyque, Si le corps est une encre du temps (2018), Elle marche ou Le crâne s’ouvrit (2008-2012-2017-2018), La main ou Elle guette l’ombre (2009-2012-2017-2018), et de la réalisation in situ d’une calligraphie de Claire Kito, La baleine noire.
Vue de l’exposition Claire Kito et Marjorie Micucci. Histoires de poèmes et d’encres,
musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, mars 2018.


Claire Kito, Écume de pierre, calligraphie 2017 /
Mots extraits du poème La baleine noire de Marjorie Micucci (2017). 70 x 34 cm.

Elle marche, Claire Kito, 6 encres 2012 /
Le crâne s’ouvrit II, Marjorie Micucci, poème 2008-2018.
Polyptyque, détail.

Elle marche, Claire Kito, 6 encres 2012 / Le crâne s’ouvrit II, Marjorie Micucci, poème 2008-2018.
Polyptyque (2018), détail.



Elle marche, Claire Kito, 6 encres 2012 /
Le crâne s’ouvrit II,
Marjorie Micucci, poème 2008-2018.

Polyptyque de sept éléments. Détail.

Claire Kito - Alphabet de l’éclat, Éditions Caractères. Illustrations des poèmes Élégie d’elle entre-dit de Nicole Gadlia. Poésie / Première n° 50. Illustration d’un poème de Guy Chaty. Poésie / Première n° 68 (2017).
Claire Kito et Marjorie Micucci, «Histoires de poèmes et d’encres». La Traductière n° 30 (2012) et n° 32 (2014).



Claire Kito, Quand l’inspiration capture le poète, composition calligraphique, 2012.
Poème de Chow Teck Seng (Singapour), paru dans la revue La Traductière, n° 30. 29,7 x 42 cm.


De gauche à droite:

Claire Kito, Quand l’inspiration capture le poète, composition calligraphique, 2012.
Poème de Chow Teck Seng (Singapour), paru dans la revue La Traductière, n° 30. 29,7 x 42 cm.
Diptyque Claire Kito, La main, encre 2012, 32 x 32 cm
/ Marjorie Micucci, Elle guette, l’ombre, poème 2009-2017. 32 x 34 cm.


Diptyque Claire Kito, La main, encre 2012, 32 x 32 cm
/ Marjorie Micucci, Elle guette, l’ombre, poème 2009-2017. 32 x 34 cm.




Marjorie Micucci: lost journey, fragments, Marjorie Micucci & Istvan Peto,
composés de 12 gravures originales en eau-forte au trait et en aquatinte d’Istvan Peto
et de 4 poèmes de Marjorie Micucci (Chant I, Chant II, Chant III, Chant IV), sur papier Hahnemuehle.
+ 2 gravures originales (47/57) d’Istvan Peto, extraites de lost journey, fragments.
  L’Expédition friable, coffret livre d’artiste de Dom et Jean Paul Ruiz,
composé d’un poème-récit de Marjorie Micucci, L’Expédition friable,
et de 7 feuillets peints au pochoir – 8 exemplaires numérotés et signés.



*
Dans un aphorisme laissé par Paul Celan en mars 1969, le poète de La Rose de personne écrivait : « La poésie ne s’impose plus, elle s’expose. » Le poème est un recommencé, devient des images, présentes, exposées, lues. Celles-ci sont des entr’aperçus du poème, des fentes possibles sur et du poème, qui, en son corps, poursuit sa ronde hantée.
« Il était un Poète –

C’est Ainsi que

Se distille un sens étonnant

À partir de Significations Ordinaires –

Essences immenses



Des espèces familières

Péries près de la Porte –

On se demande pourquoi Nous-mêmes

Ne les avons pas retenues – avant –



C’est lui – le Poète –

Qui dévoile, les Images –

Et Nous qui – par Contraste – Héritons –

D’une éternelle Pauvreté –



Si inconscient – de sa Richesse –

Que le Voler – ne saurait lui nuire –

Lui-même – Fortune – pour lui-même –

Extérieur – au Temps – »



Écrit Emily Dickinson, sur un feuillet de l’un de ses poèmes de 1862. Ce serait donc cela… Loin du poète, à l’extérieur de lui ; loin de la poète qui mourra de son propre regard… Le poème est un corps vivant. À portée de main. À portée de paupière, À portée de lèvres. À portée de vol et de don. Il est au plus secret de nos yeux un corps malléable, toujours disposé à muer, toujours disponible, et non fixe dans le temps et dans l’espace, dirait l’artiste américaine Roni Horn qui n’a cessé, depuis le début des années 1990, en une collaboration d’hospitalité et de contre, de prendre, de déposer, d’enchâsser, d’introduire, de greffer, de déplacer les vers du doute, les quatrains d’une ironie métaphysique et duels de la poète Emily Dickinson, à l’intérieur d’une forme exogène au poème et qui, pourtant, tente de le figurer dans sa ligne et dans sa lettre.


            Le poème ne veut pas tant s’échapper du livre et de ses pages conformes, aussi protectrices qu’instables, ne veut pas tant s’échapper de ce lieu blanc ou ivoire, lisse, couché mat ou grainé, matériel, où s’incluent des typographies droites, empâtées, courbes ; ce lieu qui a accueilli le poème, après le temps du chant antique, qui l’a maintenu durant les siècles classiques et modernes dans un monde commun diffus. Le poème veut s’échapper de ses propres mots, du dessin de la lettre, de l’unique tracé cosmopolite du verbe. Le poème connaît son ambivalence d’image dans le monde contemporain. Le poème est un corps vivant et il veut vivre, c’est son seul destin. Vie du poème. Corps encre du poème.
Marjorie Micucci, extrait de Tombée de siècle, poème, 2018.










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