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Affichage des articles du février, 2018

Éric Vuillard: sur la surface du monde, coule le tremblement de l’histoire

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Léonard de Vinci. Dessin. 6 novembre 2017, vers midi, Éric Vuillard devient pour son neuvième récit, L’Ordre du jour, paru quelques mois plus tôt aux Éditions Actes Sud, précisément le 29 avril, entre les deux tours d’une élection présidentielle qui laissa peu de choix à la démocratie et à l’égalité, le cent quatorzième lauréat du prix Goncourt. Ce prix littéraire qui défia les deux guerres mondiales du XXe siècle, qui fut remis, sans jamais manquer ou suspendre une année de consécration d’un auteur, entre 1914 et 1918, entre 1940 et 1945. Le prix Goncourt glisse sur l’histoire, se moule aux événements, aux circonstances, drapé dans la continuité de l’État non tant de la littérature que de l’édition.

Hemali Bhuta, le paysage comme fêlure géologique

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De la série Encounters with gold, 2017. Tapis en caoutchouc, imitation de feuille d'or, poussière de gneiss, carottage de quartz, laque incolore et gomme arabique. 80,50 cm x 60 cm Vue de l’e xposition personnelle Subarnarekha  (La ligne d'or) au Centre international d'art et du paysage – Île de Vassivière, 2017 – Salle des études Courtesy de l’artiste et Project 88, Mumbai Photos © Aurélien Mole / CIAP de Vassivière       Rien n’oblige à considérer un paysage à partir des seules surfaces de ses formes visibles, à partir de ses lignes extérieures, affectées des activités humaines. Rien n ’ oblige à se contenter de la vue spectatrice, dans une variable de distance, paresseusement globale dans l’acte de voir une œuvre, de regarder une œuvre posée dans l’espace clos de l’exposition, qui peut se faire espace à découvert, espace microscope. Observer une œuvre, scruter un paysage, dans leurs tréfonds géologiques et symboliques: ...

Une iliade anconitaine

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I paysages                 Jusqu’à la fin, à chaque hiver, par vocation des temps impartis, les collines calmes adoucies d’un vert caduque pastel, se contractaient de givre émeraude ou, lorsque quelques vents méditerranéens désorientés, lorsque quelques courants atlantiques expulsés des pôles, lorsque quelques brises sableuses soudainement détournées du Sud saharien, lorsque quelques gels de nuit des Hauts Plateaux de l’Atlas constantinois s’infiltraient, se dilataient sous la translucide respiration d’une rosée ocre, immobiles, au bord de l’ébauche. Ainsi de l’été, ou de l’automne, ou du printemps. Les saisons d’un autrefois tempérant, à la cadence familière et travailleuse, avaient cette capacité de mordre le temps, de lui accorder un goût rance ou mordoré, une odeur polaire ou d’écorce rousse caressée délicatement de mousse grise spongieuse, une saveur...